Dioxines : quelle « vacherie » !!!

Le 28/05/2009 à 19:42  

Dioxines : quelle « vacherie » !!!

Vaches Pauvres vaches : elles vont devoir, encore, payer de leur vie, pour avoir été là, au mauvais endroit et au mauvais moment. Elles seront des victimes innocentes du plus grave accident industriel survenu en France depuis la mise en oeuvre de la directive Seveso dans notre pays. C’était en 2003...

40 000 vaches sont susceptibles d’être contaminées par les dioxines. A la suite de quoi, c'est comme d'habitude : elles seront abattues sans autre forme de procès. Ceci, à la suite du plus gros accident industriel survenu en France depuis la mise en œuvre de la nouvelle directive Seveso en 2003, un incendie survenu en août 2008 à Saint-Cyprien dans la Loire. Au demeurant, il est bon de rappeler que ce site avait été identifié par l'association Robin des Bois en mai 2008 comme un ancien site de broyage de radiateurs et de câbles électriques. Il a donc été intégré dans son inventaire des sites pollués aux PCB.

En juillet 2008, le site de Saint-Cyprien a fait l’objet d’une mise à jour incluant la pollution PCB dans l’inventaire BASOL du Ministère de l’Ecologie.

A la dernière réunion du 26 mai 2009 du comité de suivi du plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant du PCB, il a été révélé à la suite d’une étude de l’Ademe que les radiateurs électriques à bain d’huile peuvent contenir jusqu’à 560 mg de PCB par litre d’huile. La contenance moyenne d’un radiateur est de 6 à 7 litres. Cette contamination d’appareils domestiques par les PCB est connue officieusement depuis 20 ans mais elle vient seulement d’être reconnue officiellement.

En conclusion, l’incendie de Saint-Cyprien survenu sur un stockage non autorisé de plusieurs milliers de tonnes de bois traités dans un site historiquement pollué par les PCB inscrit dans l’inventaire Robin des Bois puis dans l’inventaire du Ministère n’a pas fait l’objet d’une attention particulière de la mairie de Saint-Cyprien et des services de secours. En effet, comble de l’absurdité, les pompiers ont choisi de traiter l’incendie par recouvrement de terres sans savoir que les terres utilisées étaient polluées par du PCB. L’incendie a mis trois mois à être maîtrisé, libérant ainsi dans l’atmosphère des quantités considérables de dioxines provenant de la décomposition thermique des PCB contenus dans les sols et des produits de traitement du stock de bois en feu.

Il apparaît donc indispensable d’une part de mieux coordonner les différentes banques de données relatives aux pollutions des sols, d’en imposer la lecture aux collectivités locales et aux services de secours et d’autre part d’interdire dès maintenant le broyage de radiateurs électriques à bain d’huile dans des sites de ferraillage non agréés pour le traitement des PCB. Pour mémoire, ce problème important avait été abordé par Robin des Bois en 2006 dans le cadre de la commission gouvernementale sur les Déchets d’Equipement Electriques et Electroniques (DEEE) mais n’a pas jusqu’alors été pris au sérieux par les éco organismes compétents qui semblent persister à envoyer les vieux radiateurs à bain d’huile abandonnés sur les trottoirs ou remis en déchèterie, chez des ferrailleurs qui ne sont pas tous des recycleurs respectant les règles de l'art.

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Pour compléter cette information, on pourra se reporter à :

« Chronique des vaches sacrifiées », 20 février 2009

« Atlas des sites pollués aux PCB », mars 2009