Dans son exposé, le président du CoPil, Pierre Bérest, directeur de recherche à l'Ecole Polytechnique, a indiqué que le retrait est "techniquement possible mais il s’agirait d’un chantier complexe et très difficile". "Ce chantier présentera des risques pour la santé des personnels concernés. On ne doit pas sous-estimer les risques d’accident de personnes pendant le retrait et on ne peut être certain de pouvoir conduire le retrait à son terme. Il faut alors que le stockage illimité des déchets restants soit possible et ait été étudié ». "Le retrait doit être envisagé si les études de risque établissent qu’au moins une certaine partie des substances stockées fait courir, à long terme, à l’environnement des risques inacceptables".
"L’alternative n’est pas entre retrait ou stockage illimité à Stocamine, mais entre stockage illimité à Stocamine ou stockages illimités ailleurs, en France et en Allemagne", a ajouté Pierre Bérest. "Il faudra établir, dans chaque hypothèse, que le bilan environnemental global est positif".
L'hypothèse d'un retrait seulement partiel a aussi été évoqué : "Les déchets amiantés (4 000 tonnes), qui ne présentent plus de danger après ennoyage, pourraient être laissés au fond, si cela ne complique pas le retrait, a-t-il défendu. Car la manipulation de produits amiantés nécessite un équipement lourd, peu commode, un appareil respiratoire..."
Sur les solutions à appliquer dans le bloc 15 où a eu lieu l’incendie, les experts sont divisés estimant que le retrait des déchets stockés doit "être proscrit du fait de l’impossibilité de garantir la sécurité du personnel".
Un autre point de désaccord concerne les délais : la durée de l’opération est estimée de cinq à dix ans pour plusieurs experts, d’autres considérant qu’elle est réalisable en "un à deux ans avec des mesures d’organisation et un outillage adapté". Sans oublier deux années de procédures administratives.
"Cette différence s’explique par une différence d’appréciation des aléas", a expliqué le président du CoPil. Par contre, le maire de Wittelsheim, Denis Riesemann, et les représentants des associations environnementales ont affirmé leur détermination pour la solution du déstockage.